L'histoire

Les eaux de Mara, la manne, les cailles, l'eau qui sort du rocher et les Amalécites

Description

Le peuple de Dieu a faim, à soif dans le désert

Référence de l'histoire

Verset biblique

Dieu pourvoira à tous vos besoins, selon la richesse, avec gloire, en Jésus-Christ.

Objectifs (Valeurs de foi)

1
Si nous sommes dans le besoin, dites-le à Dieu qui y répondra
Montrez dans l'histoire
Que le peuple se plaint continuellement et ne fait rien d'autre. Soulignez que Moïse se confie en Dieu qui va répondre à tous leurs besoins : la soif, la faim, les amis pour être vainqueur sur l'ennemi
Valeur pour moi aujourd'hui
Peu importe ce que je vis comme difficultés, Dieu répondra à mes besoins (pas mes désirs), si je les lui demande
2
Dieu répond à nos besoins (c’est différent de tous nos désirs)
Montrez dans l'histoire
L'importance que Dieu met à répondre à tous les besoins du peuple dans le désert, la soif, la faim, les amis qui soutiennent dans le combat contre les Amalécites
Valeur pour moi aujourd'hui
Dieu répond à mes besoins légitimes (de base, physiologique, affectif, spirituel) mais pas tous mes désirs, qui sont des privilèges (jouets, habits de marques, des portables etc.)
3
Dieu répond à nos besoins de manière parfois inattendue, sous forme de miracles. Dieu est puissant
Montrez dans l'histoire
Que Moïse demande à Dieu de répondre à leur besoin et soulignez l'importance que Dieu met à leur faire vivre des miracles incroyables et inattendus pour leur montrer sa toute puissance
Valeur pour moi aujourd'hui
Dieu peut me surprendre à faire des miracles incroyables et inattendus, pour répondre à mes besoins. Dieu est puissant
4
Dieu nous utilise pour répondre aux besoins et aux difficultés des autres
Montrez dans l'histoire
Que le peuple a besoin de Moïse pour voir que Dieu répond a leur besoin. Puis, que Moïse a besoin de ses amis, pour le soutenir et sortir vainqueur dans la bataille contre les Amalécites
Valeur pour moi aujourd'hui
Dieu utilise le soutien de mes amis pour m'aider à tenir dans mes difficultés, mais je peux aussi être une aide pour les autres dans leur difficulté pour les encourager
5
Nous nous plaignons souvent de notre situation. Mais Dieu pourvoit toujours à nos besoins. Comptons sur Lui pour y pourvoir
Montrez dans l'histoire
Que le peuple de Dieu se plaint énormément. Il ne met pas sa confiance en Dieu, alors qu'Il est le seul à répondre à ses besoins
Valeur pour moi aujourd'hui
Je veux arrêter de me plaindre. Dieu répond à mes besoins. Je veux compter sur Lui
6
Les autres peuvent nous aider à tenir ferme contre l'ennemi. Ils sont nos soutiens et nos encouragements
Montrez dans l'histoire
Que Moïse a du avoir le secours de ses compagnons pour ne pas baisser les bras et remporter la bataille contre l'ennemi
Valeur pour moi aujourd'hui
Je veux compter sur le soutien de personnes de confiance, afin qu'ils m'aident à tenir ferme contre l'ennemi

Questions

L'histoire se trouve dans l'ancien ou le nouveau testament ? Dans l'ancien testament
Dans quel livre se trouve l'histoire ? L'Exode
Que veut dire "les eaux de Mara" ? Des sources amères
Que veut dire "amère" ? Qui est d'un goût désagréable, pas bon
Qu'est-ce qu'un besoin ? C'est quelque chose de vital, un besoin physiologique = j’ai soif
Qu'est-ce qu'un désir ? Ce n'est pas quelque chose de vital, cela peut être variable, je peux boire de l’eau du coca, un sirop
Qu'est-ce que la manne ? Ce qu’elle était réellement reste un mystère. On a plusieurs hypothèses d’explications : de la résine d’arbres sucrée, aux champignons arborescents…
Qu'est-ce qu'une caille ? Un petit oiseau migrateur
Qu'est-ce que le "Mont Horeb" ? La « Montagne de Dieu »
Qui sont les "Amalécites" ? C'est une tribu de nomades Edomites, ennemie des hébreux

Les eaux de Mara, les cailles, la manne et les Amalécites

Les eaux de Mara

Il existe au Proche-Orient un aquifère (couche poreuse stockant l’eau) profond, dont on a détecté la présence d’Israël au nord jusqu’au Tchad, en passant par la Libye et l’Egypte, sur une surface de 630'000 km2. Parfois profond de 600 à 1000 mètres, cet aquifère effleure parfois, et laisse s’écouler des sources. L’eau est semi-saumâtre, contenant le 1/3 de sel contenu normalement dans l’eau de mer.

Parfois, à la faveur de terrains salés par l’évaporation, cette eau se charge en minéraux la rendant impropre à la consommation. Ceci s’observe à plusieurs endroits au Sinaï.

Moïse connaissait sans doute l’existence de toutes les sources du Sinaï, pour y avoir séjourné et voyagé avec les troupeaux de son beau-père. A-t-il voulut volontairement mettre à l’épreuve la foi du peuple, afin de lui montrer la grandeur de Dieu et inspirer sa confiance obéissante ?

Les Cailles 

La zone où le peuple hébreu se trouvait correspond effectivement à l'un des grands axes de migration de l'espèce qui la traverse deux fois par an.

Les cailles sont de nouveau évoquées dans le livre des Nombres 11, 31, racontant la traversée du désert du peuple juif,

Un an après, le peuple hébreu se trouve dans les environs de Qivroth-Taawa, dans le désert du Sinaï (sensiblement la même zone que lors du premier épisode). De nouveau le peuple se plaint et réclame de la viande à Moïse. Dieu fait alors pleuvoir une nouvelle fois des cailles sur le camp des israélites. Ces derniers se jettent sur les oiseaux et se livrent à des excès de nourriture. Mis en colère par ce spectacle, Dieu fait mourir en grand nombre les juifs qui se sont livrés à ces excès.

Ces deux épisodes auraient eu lieu à un an d'intervalle, vers mi-avril, au moment où les cailles migrent vers le nord.

Plusieurs autres points du texte semblent tout à fait plausibles. Le fait que le vent se soit levé au moment de l'arrivée des cailles correspond tout à fait à leur façon naturelle de se déplacer. Les courants aériens aident considérablement les cailles à parcourir de grandes distances pendant leur migration. Le fait de planer a pour effet de réduire de beaucoup les efforts fournis par les oiseaux pour se maintenir en vol. Il est également fréquent que, surprises par un vent contraire, ces dernières s'abattent en masse. Les oiseaux épuisés, et incapables de reprendre leur envol, peuvent alors être facilement capturés à la main. Les vols sont souvent espacés de deux jours, temps de repos nécessaire aux cailles avant de repartir. Ce dernier point recoupe parfaitement le récit biblique qui mentionne la capture de cailles pendant deux journées.

L'historien Flavius Josephe (37-100 après JC) résume l'Ancien Testament dans l'un de ses ouvrages

"Dieu promet de prendre soin d'eux et de leur fournir ces ressources tant souhaitées. Moïse, ayant entendu cette réponse de Dieu, retourne auprès du peuple. Ceux-ci, en le voyant tout réjoui des promesses divines, passent de l'abattement à une humeur plus gaie, et lui, debout au milieu d'eux, dit qu'il vient leur apporter de la part de Dieu un secours contre les embarras présents. Et, peu après, une quantité de cailles (cette espèce d'oiseaux abonde, plus que toute autre, dans le golfe Arabique) traverse ce bras de mer et vient voler au-dessus d'eux ; et, fatiguées de voler, habituées, d'ailleurs, plus que les autres oiseaux à raser la terre, elles viennent s'abattre sur les Hébreux. Ceux-ci, les recueillant comme une nourriture préparée par Dieu, soulagent leur faim. Et Moïse adresse des actions de grâce à Dieu pour les avoir secourus si vite et comme il l'avait promis."

Le miracle des cailles 

"En même temps qu'il parlait, le camp tout entier se remplit de cailles ; on les entoure et on les ramasse. Cependant Dieu, peu après, châtie les Hébreux de l'arrogance injurieuse qu'ils lui avaient témoignée : il en périt, en effet, en assez bon nombre. Et, encore aujourd'hui, cette localité porte le surnom de Kabrôthaba, c'est-à-dire Tombeaux de la concupiscence."

On peut s'interroger sur le fléau qui frappe le peuple Hébreu juste après l'ingestion des cailles. Les oiseaux n'ont- ils pas consommé des graines de ciguë (ou d'autres plantes toxiques), ce qui expliquerait des malaises, voire des décès par empoisonnement (coturnisme) ?

Le coturnisme est un empoisonnement provoqué par l'ingestion de chair de cailles sauvages (caille des blés). Il se manifeste par les symptômes suivants : Faiblesse généralisée, fièvre, extinction de la voix, douleurs musculaires, paralysie des membres inférieurs, vomissement, décoloration des urines, gastro entérites sévères. Des troubles cardiaques, ou des insuffisances rénales, peuvent également survenir et provoquer la mort dans certains cas.

Les symptômes surviennent dans un délai d'une heure et demie à 10 heures après la consommation des oiseaux, et persistent généralement un à deux jours (jusque 10 jours dans certains cas extrêmes).

Les cas de coturnisme ont été principalement constatés dans les régions suivantes : le nord de l'Algérie (mais aussi l'Afrique du Nord), le sud de la France, la Grèce, la péninsule du Sinaï, le sud-ouest de l'ex URSS, et le nord-est de la Turquie.

Phénomène curieu x: les cas d'empoisonnement constatés en Algérie et en France sont survenus à la suite de la consommation de cailles en train d'effectuer leur migration vers le nord, au printemps. Aucun empoisonnement ne semble être survenu pendant la migration retour de l'automne (période ou les cailles sont traditionnellement chassées en France, et ou on peut donc les consommer sans danger).

Ces empoisonnements sont d'autant plus étranges que rien ne permet de différencier les oiseaux sains des oiseaux porteurs des toxines, et qu'au cours d'un même repas, certaines personnes s'empoisonnent tandis que d'autres sont indemnes.

La Manne 

Il se répandit au matin un brouillard ou une rosée ; lorsqu'elle fut évanouie, elle laissa sur les arbustes du désert de petites concrétions analogues au givre ; les enfants d’Israël regardèrent et ils se dirent l’un à l’autre : "Qu’est-ce que cela?" (Man hou ?) Car ils ne savaient pas ce que c’était. Moïse leur dit : "C’est le pain que l’Eternel vous donne pour nourriture". Et plus loin la maison d'Israël donna à cette nourriture le nom de "manne".

Ce qu’elle était réellement reste un mystère. On a plusieurs possibilités d’essais d’explications, de la résine d’arbres sucrée, aux champignons arborescents…

Que pourraient nous apprendre chercheurs et archéologues à ce sujet, s’il s’agit a priori d’un phénomène miraculeux invérifiable ? Des orientalistes se sont pourtant penchés sur la question, et ont tenté de le relier à un phénomène naturel. En 1823, deux naturalistes allemands, Wilhelm Hemprich et Christian Gottfried Ehrenberg, partirent en mission en Orient. Ils y découvrirent une plante poussant dans les déserts, le tamaris, qui vivait avec un insecte parasite, la cochenille. Celle-ci avait la particularité de produire abondamment une substance naturelle, une sorte de "miellat" qui dans les régions arides perd son eau pour se cristalliser en un sucre parfaitement comestible [1]. Ils assimilèrent cette sécrétion naturelle à la manne consommée par les Hébreux durant l’Exode. Au siècle suivant, les biologistes Frederick Simon Bodenheimer et Oskar Theodor partirent à leur tour dans le Sinaï à la recherche de la manne céleste, et retrouvèrent cette plante qui est un arbuste à petites feuilles en écailles et à fleurs roses : le Tamarix mannifera Ehr [2][3]. Le produit comestible riche en sucres a une consistance fondante et un goût très doux ; il est sécrété par des cochenilles de l'espèce coccus manniparus. Au matin, cette nourriture tombe des arbres en grande quantité ; il se forme parfois sur le sol des tapis entiers de cette substance. C'est surtout dans le nord de la péninsule du Sinaï qu'elle est la plus abondante. Elle est traditionnellement vendue par les bédouins, trouve plusieurs utilisations et se conserve facilement. En enquêtant sur la manne biblique, les Occidentaux firent ainsi connaissance avec ce qui a pu nourrir le peuple d’Israël durant quarante ans.

Les Amalécites

Les Amalécites étaient une tribu de nomades édomites mentionnée dans la Bible, descendants d'Amalek, et qui occupaient un territoire correspondant au sud de la Judée, entre l'Idumée, l'Égypte et le désert du Sinaï.

Selon la Bible, ils furent toujours acharnés contre les Hébreux, qui à leur tour les regardaient comme une race maudite. Dieu ordonna à Saül de les exterminer. Ce roi leur déclara la guerre et les défit. Mais, contre la défense de Dieu, il pardonna à Agag, leur roi : cette désobéissance lui fit perdre sa couronne, qui fut transmise à David.

Par la suite, ainsi que le raconte le livre d'Esther, les exilés du premier Temple auront à pâtir des volontés génocidaires d'Haman, fils de Hamedata, descendant d'Agag, roi des Amalécites.

Dans le judaïsme, les Amalécites représentent l'ennemi archétypal des Juifs.

Le fil rouge

A première vue ces événements hétéroclites n’ont pas grand- chose en commun, hormis le fait qu’ils confirment la fidélité de Dieu envers son peuple, ce qui peut être déjà une bonne leçon de base.

Il y a cependant un fil rouge plus subtil, mais néanmoins convaincant.

Dans la typologie, Moïse est l’une des images annonciatrices du Sauveur parfait. Ses actes et son rôle typifie donc le Messie à venir. Il :

  • sort son peuple du pays de l’esclavage
  • lui fait passer la Mer Rouge (image du baptême qui met une limite entre l’avant et l’après)
  • guide son peuple vers la Terre Promise (image du pèlerinage terrestre aboutissant à l’éternité dans la gloire)
  • est l’intermédiaire entre Dieu et le peuple (nul ne vient au Père que par moi)

Dans le passage qui nous concerne, ses actions typifient l’oeuvre à venir du Christ :

  • dans les amertumes de nos vies, il y place le bois de la croix (ce sont nos souffrances qu’il a portées – Esaïe 53)
  • il est le pain qui nous fait vivre, assurant au quotidien sa présence et son amour – allusion à la manne et aux cailles. Il comble nos besoins les plus profonds, et calme la faim de nos entrailles, de notre cœur. On peut aussi se rappeler Jésus multipliant les pains et les poissons…
  • Amalek étant un type de l’ennemi des croyants, le diable, Jésus nous donne la victoire sur lui, comme Moïse a eu la victoire sur Amalek

Jean-François Bussy

Renseignements
La manne : Nombres 11:7
La manne ressemblait à de la graine de coriandre, et avait l'apparence du bdellium (genre de cristaux brun jaune, semi transparents). Le peuple se dispersait pour la ramasser; il la broyait avec des meules, ou la pilait dans un mortier; il la cuisait au pot, et en faisait des gâteaux. Elle avait le goût d'un gâteau à l'huile. Quand la rosée descendait la nuit sur le camp, la manne y descendait aussi.
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